Kim Béchard

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Cinéma et vidéo
Littérature
Théâtre

  À l’aube de ma vingtaine, un regard neuf sur ma généalogie Euro-Québécoise et Afro-Guadeloupéenne éveille en moi un intarissable questionnement identitaire : Suis-je blanche?Comment cette réflexion, frisant parfois l’obsession narcissique, s’est-elle immiscée dans mon esprit comme tempo quotidien? Depuis les conquêtes, nos esprits colonisés s’efforcent, par une gymnastique épuisante, à organiser la réalité en oppositions : Blanc-Noir, Bon-Mauvais, Homme-Femme, Beau-Laid, etc. Les raisons qui me poussent à réfléchir à mon identité sont plurielles, conflictuelles, parallèles, conjointes et contradictoires. Ce que je tire aujourd’hui de cette continuelle interrogation, est que je dois demeurer dans l’acceptation de mes multiplicités pour y répondre sainement. Je ne suis pas qu’une chose et je me transforme selon les contextes. Ce qui est sûre, je suis très souvent, blanche.

Ainsi, je comprends que ma responsabilité consiste à embrasser la part de blanchité qui m’habite et régis mes conforts afin d’aider à déconstruire la façon dont elle investit chaque corps et trouble nos rapports humains.  Ceci explique pourquoi il est devenu primordial pour moi d’utiliser le cinéma pour nous questionner sur des thèmes comme le colonialisme et ses histoires plurielles, l’impact du racisme chez les «racisants», les réalités non-blanches et notre relation avec les territoires que nous habitons. Mon interrogation ultime demeure la suivante : Comment entrer sainement en relation avec celle ou celui qui ne partage pas le même héritage que soi par rapport aux ravages des conquêtes?